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Le billet de banque « visage du diable » de 1954 : la monnaie la plus controversée du Canada

Avr 10, 2026

Billet de 100 $ « visage du diable » de 1954. Photo gracieuseté du Musée de la Banque du Canada.


Les billets de banque canadiens de 1954 « visage du diable » sont parmi les pièces de monnaie canadienne les plus intrigantes. Souvent mal compris, leur histoire est enracinée dans la perception du public plutôt que dans une intention de conception. Voici un aperçu plus détaillé de ce que sont ces billets, comment les identifier et quelle est leur valeur aujourd’hui.


Qu’est-ce que le billet de banque « visage du diable »?


Le terme « visage du diable » fait référence à une série de billets de banque canadiens (officiellement intitulée la « série des paysages canadiens ») émise en 1954, peu après l’accession de la reine Elizabeth II au trône. Il s’agissait de la première monnaie canadienne à présenter le portrait de la jeune reine sur toutes les coupures, allant de 1 $ à 1 000 $.

Peu de temps après la mise en circulation des billets, les gens ont commencé à remarquer quelque chose d’inhabituel dans les cheveux de la reine. Les reflets et les ombres de la gravure semblaient former l’image d’un visage souriant, avec ce qui ressemblait à des sourcils fournis, un nez crochu et un sourire espiègle. Plusieurs ont interprété cela comme un « visage du diable » caché derrière l’oreille de la reine, et le terme est resté.

Que l’on le voie immédiatement ou qu’on ait besoin qu’on le souligne, l’illusion est frappante une fois qu’on la remarque, et elle est rapidement devenue un sujet de discussion publique.


La controverse et la refonte


Le portrait de la reine Elizabeth II par Yousuf KarshPortrait de la reine Elizabeth II pris par Yousuf Karsh. Photo gracieuseté du Musée de la Banque du Canada.


La réaction du public a rapidement pris de l’ampleur, et l’affaire a suscité suffisamment d’attention pour dépasser les frontières du Canada. En 1956, le politicien britannique H. L. Hogg a même écrit au haut-commissaire du Canada au Royaume-Uni, exprimant son inquiétude au sujet de l’image et suggérant qu’elle semblait trop délibérée pour être accidentelle. À mesure que l’histoire se répandait, elle a alimenté les spéculations et les théories du complot, certains attribuant cela à une symbolique cachée ou même au graveur lui-même.

Le portrait original était basé sur une photographie du célèbre photographe canadien Yousuf Karsh et a été gravé par George Gunderson, directeur artistique de la British American Bank Note Company à Ottawa. En comparant la gravure à la photographie originale, il devient clair que le travail de Gunderson suivait de près la source, et que le « visage » n’était qu’une illusion visuelle involontaire.


Comparaison du portrait de la reine Elizabeth II avec la gravure « visage du diable »Portrait de la reine Elizabeth II par Yousuf Karsh comparé à la gravure de George Gunderson. Photo gracieuseté du Musée de la Banque du Canada.


La Banque du Canada a réagi rapidement pour réviser le design, en faisant appel au graveur Yves Baril afin d’ajuster le portrait. En 1956, les plaques originales ont été modifiées pour assombrir les reflets dans les cheveux de la reine, éliminant ainsi l’illusion. Ces billets révisés sont souvent appelés la série du « portrait modifié », tandis que les originaux sont connus sous le nom de billets « visage du diable ».


Comment repérer un billet « visage du diable »


L’identification de l’un de ces billets repose sur une observation attentive du portrait de la reine. Vous ne pourrez pas vous baser sur la date, car contrairement aux pièces de monnaie, les billets de banque affichent l’année de la série émise (1954) et non l’année d’impression du billet individuel.

Portez votre attention sur la partie inférieure arrière de ses cheveux, juste derrière l’oreille. Sur les billets originaux de 1954, le jeu d’ombres et de reflets ressemble à un petit visage, souvent décrit comme ayant :

  • Deux « yeux » foncés avec des « sourcils » fournis
  • Un « nez » bien défini et crochu
  • Une « bouche » courbée, presque en sourire en coin
  • Un « menton » pointu
  • Les cheveux environnants formant ce qui ressemble à une coiffure plaquée ou à un front

Sur les versions modifiées de 1956, cette zone apparaît plus sombre et plus uniforme, ce qui élimine les formes distinctes qui créaient l’illusion.

En cas de doute, comparer des images côte à côte des portraits originaux et modifiés peut rendre la différence beaucoup plus évidente.


Comparaison de billets canadiens de 2 $ de 1954, l’un « visage du diable » et l’autre « portrait modifié »Haut : billet de 2 $ canadien de 1954 « visage du diable ». Bas : billet de 2 $ canadien de 1954 « portrait modifié ». Photos gracieuseté de Canadian Coin & Currency (site en anglais).


Sont-ils rares?


Malgré leur réputation, les billets « visage du diable » ne sont pas aussi rares que beaucoup de gens le croient. Des millions ont été imprimés avant que le design ne soit modifié, et un nombre important a survécu dans des collections au fil des décennies.

Cependant, la rareté dépend encore de plusieurs facteurs, notamment :

  • Dénomination (les coupures plus élevées comme 100 $ ou 1 000 $ sont naturellement plus rares)
  • État de conservation (les billets neufs et non circulés commandent des primes plus élevées)
  • Numéros de série (les numéros bas, les billets « radar » ou les séries consécutives peuvent augmenter la valeur)
  • Billets de remplacement (identifiés par des préfixes spéciaux)

Ainsi, même si les billets eux-mêmes ne sont pas extrêmement rares, certains exemplaires spécifiques peuvent demeurer très recherchés par les collectionneurs.


Quelle est leur valeur?


La valeur d’un billet de banque « visage du diable » de 1954 peut varier considérablement. Un billet de 1 $ ayant circulé peut n’avoir qu’une prime modeste au-dessus de sa valeur nominale, tandis qu’un billet de haute qualité, non circulé, particulièrement dans une dénomination plus élevée, peut valoir beaucoup plus.

Comme les prix fluctuent selon la demande du marché et l’état de conservation, il est important de consulter des guides de prix fiables. Une ressource couramment utilisée par les collectionneurs est Numicanada, qui fournit des estimations mises à jour selon les différents grades et dénominations.

Il est également important de noter que les marchés en ligne peuvent être trompeurs. Les annonces sur des plateformes comme eBay affichent souvent des prix demandés plutôt que des valeurs de vente réelles, ce qui peut créer des attentes irréalistes.

Pour l’évaluation la plus précise, il est préférable de consulter un spécialiste numismatique réputé. Plusieurs de nos succursales sont dotées de spécialistes numismatiques bien formés, et toutes les autres succursales consultent ces experts au besoin. Nous travaillons également en étroite collaboration avec notre entreprise sœur, Canadian Coin & Currency (site en anglais), un leader de confiance en numismatique professionnelle avec un héritage de service à la communauté numismatique depuis 1987.


Réflexions finales


Billet de 50 $ canadien « visage du diable » de 1954Billet de 50 $ « visage du diable » de 1954. Photo gracieuseté de cgb.


Les billets de banque « visage du diable » de 1954 sont un exemple fascinant de la façon dont la perception peut façonner l’histoire. Ce qui a commencé comme une illusion visuelle involontaire est rapidement devenu un sujet de discussion à l’échelle nationale, ce qui a finalement mené à une refonte de la monnaie canadienne.

Aujourd’hui, ces billets demeurent une pièce populaire de l’histoire numismatique canadienne. Bien qu’ils ne soient pas aussi rares que certains le croient, leur histoire, leur apparence distinctive et leur lien avec un moment unique dans le temps continuent d’en faire des pièces très recherchées par les collectionneurs.

Alors, si vous tombez un jour sur un billet canadien de 1954, regardez-le de plus près – vous pourriez bien y apercevoir le célèbre « visage du diable » caché dans les détails.

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